Véhicule de société : est-ce vraiment intéressant ?

Pour le dirigeant d’entreprise, on présente souvent l’achat d’un véhicule de société comme une option intéressante, voire l’option à privilégier.

En effet, elle a l’avantage de permettre à ce dernier d’acquérir un véhicule sans impacter sa trésorerie personnelle, par ailleurs elle permet à l’entreprise de d’augmenter ses charges, et donc in fine de réduire les impôts qu’elle supporte.

Dans la pratique cependant, il s’avère que cette option n’est pas toujours aussi avantageuse.

Quelques rappels sur les mécanismes comptables et fiscaux relatifs aux véhicules de sociétés:

D’abord comptablement, un véhicule acquis par la société est inscrit à l’actif du bilan et fait l’objet d’un amortissement. C’est à dire que la dépense liée à l’acquisition n’est pas comptabilisée dans le résultat de la société dans sa totalité au moment de l’achat, elle fait l’objet d’un étalement sur la durée de vie économique du véhicule (en général 5 ans).

Exemple: pour un véhicule acquis pour 15 000 € au 01/01/2019 – le montant des charges d’amortissement représente 3 000 € par an jusqu’à fin 2023.

Par ailleurs, le montant des charges déductibles dépendra fortement des émissions de CO2 du véhicule. En effet, nous présentons ci-dessous les modalités fiscales:

  • Pour les véhicules rejetant plus de 155g/km de CO2:

Le montant maximal déductible sur 5 ans s’élève à 9 900 € – soit 1 980 € par an.

Donc pour un véhicule acquis dont la valeur d’acquisition est de 30 000 € et rejetant plus de 155g/km de CO2 – la société ne pourra seulement déduire de son résultat fiscal que 1 980 € (9 900 € / 5) par an alors que le montant de l’amortissement s’élève quant à lui à 6 000 € (30 000 € / 5). Il y a donc 4 020 € de charges d’amortissement qui ne sont pas déductibles du résultat chaque année, soit un total de 20 100 € sur 5 ans.

Il y a donc bien un manque à gagner du fait du rejet important de CO2 et de la valeur du véhicule.

  • Pour les véhicules rejetant entre 60 et 155g/km de CO2:

Le montant maximal déductible s’élève cette fois à 18 300 € – soit 3 660 € par an.

En conservant les chiffres de l’exemple précédent, le manque à gagner serait cette fois-ci de 2 340 € par an.

  • Pour les véhicules émettant moins de 20g/km de CO2:

Le montant maximal déductible s’élève à 30 000 € sur 5 ans – soit 6 000 € par an.

Donc concrètement, en fonction du montant de l’achat et à condition de posséder un véhicule 100% électrique, l’acquisition d’un véhicule de société n’est pas une opération neutre d’un point de vue fiscal.

Autres points à prendre en considération:

  • en cas d’acquisition d’un véhicule de société ou de leasing (ou LDD), votre société sera redevable de la Taxe sur les Véhicules de Société (TVS) chaque année : le montant de la taxe dépend encore une fois de l’émission de CO2.
  • il n’est pas possible de récupérer la TVA sur tous les achats liés à votre voiture de société : essence (sauf gazole, superethanol et GPL), frais d’acquisition, entretien…

Donc moralité, l’acquisition d’un véhicule de société n’est intéressant que si celui-ci est peu polluant et de faible valeur.

Notre conseil:

Si vous disposez d’un véhicule personnel, privilégiez le remboursement d’indemnités kilométriques pour chaque trajet réalisé dans le cadre de votre activité professionnelle (hors trajet domicile – lieu de travail). En effet, vous avez la possibilité de vous rembourser des indemnités qui sont fonction:

  • de la puissance fiscale de votre véhicule (nombre de chevaux fiscaux)
  • du nombre de km parcourus

Chaque année, un barème du montant des indemnités kilométriques est publié par l’administration fiscale indiquant le montant des indemnités maximales par km en fonction du nombre de chevaux fiscaux de votre véhicule. Pour bénéficier de ce dispositif, il convient de tenir un fichier récapitulatif de tous vos trajets professionnels et du nombre de km parcourus pour chaque trajet.

Ces indemnités ont notamment l’avantage de ne pas être fiscalisées. 

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